
Le sommet
Les 11 et 12 juin 2026, le Groupe de la Banque mondiale a tenu la 13e édition de son sommet de la jeunesse, au siège de Washington et en ligne. Le thème, FutureWorks : concevoir les emplois de l'ère numérique, s'articulait autour de trois axes : l'éducation et les compétences, l'entrepreneuriat et l'agriculture.
Les délégués sont sélectionnés sur candidature. J'y ai pris part en ligne, depuis Abidjan, notamment lors de la FutureWorks Leadership Series, avec Makhtar Diop, directeur général de la Société financière internationale.
Pourquoi un dirigeant s'y intéresse
On pourrait penser qu'un sommet sur l'emploi et le numérique est loin du quotidien d'une maison de conseil financier. C'est l'inverse. Je suis employeur, et je conseille des employeurs. La question « quels emplois demain ? » n'est pas abstraite : c'est celle que se pose chaque dirigeant lorsqu'il recrute, forme ou réorganise une équipe.
Trois enseignements
- Les compétences vieillissent plus vite que les diplômes. Le diplôme reste une porte d'entrée, mais il ne dit plus grand-chose de ce qu'une personne saura faire dans cinq ans. Recruter, c'est désormais miser sur une capacité à apprendre.
- Le numérique déplace le travail plus qu'il ne le supprime. Les tâches de production, saisir, mettre en forme, calculer, s'automatisent. Le jugement, la relation et la responsabilité restent humains. Le vrai risque concerne les débutants : s'ils n'apprennent plus le métier par ces tâches répétitives, il faut leur offrir une autre façon de l'apprendre.
- Entreprendre est une réponse, pas une solution miracle. Beaucoup de jeunes Africains créent leur activité par nécessité. Créer une entreprise est devenu simple ; la faire durer reste difficile. L'enjeu est moins le nombre de créations que la capacité de ces entreprises à grandir et à embaucher.
« Le diplôme ouvre la porte. La capacité d'apprendre décide de la suite. »
Ange-Dorgeles BINDEMon avis
On peut reprocher à ces rendez-vous de rester à distance du terrain : beaucoup de réflexion sur l'avenir du travail, moins sur ses conditions concrètes dans des économies où l'informel domine. Un sommet ne change pas un pays en deux jours.
Ce qu'il change, c'est la façon dont chacun regarde sa propre responsabilité. La mienne, comme jeune dirigeant, est claire : former ceux que nous recruterons, leur confier tôt des responsabilités réelles et transmettre ce que nous apprenons. C'est à cette échelle, entreprise par entreprise, que se construisent les emplois de demain.